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Identification des livres imprimés anciens (XVe-XVIIIe siècle) : Introduction - Identification des auteurs - Identification des imprimeurs / libraires - Identification du lieu d’impression - Identification de la date d’impression - Identification des éditions. Bibliographies et catalogues spécialisés dans le livre ancien, répertoires généraux et internationaux - Identification des éditions. Bibliographies et catalogues spécialisés dans le livre ancien, répertoires par siècles - 15e siècle - Identification des éditions. Bibliographies et catalogues spécialisés dans le livre ancien, répertoires par siècles - 16e siècle - Identification des éditions. Bibliographies et catalogues spécialisés dans le livre ancien, répertoires par siècles - 17e siècle - Identification des éditions. Bibliographies et catalogues spécialisés dans le livre ancien, répertoires par siècle - 18e siècle - Identification des éditions. Sélection par pays de catalogues de bibliothèque en ligne contenant des notices de livres anciens

Introduction

Table des matières

I. Identifier un livre ancien: une nécessité

A la différence des livres modernes, identifiables d’une manière univoque grâce à leur ISBN, véritable état-civil d’une édition, ou entièrement descriptibles à partir des indications figurant en général sur la page de titre, le livre ancien (c’est-à-dire pour les imprimés européens jusqu’au premier tiers du 19e siècle, moment de l’apparition presque conjointe des techniques industrielles de fabrication et des entreprises de bibliographie nationale) ne se laisse pas aussi facilement appréhender.

Ainsi, la présentation actuelle du livre (comportant les noms de l’auteur, de l’éditeur et de l’imprimeur, ainsi que la date d’impression accompagnée éventuellement, dans le cas d’un retirage, de la date de première édition) ne s’est imposée que peu à peu, parallèlement à l’émergence de la notion de propriété intellectuelle.

C’est pourquoi, même en regardant attentivement page de titre, colophon, pièces liminaires et illustration, on ne trouve pas toujours dans un livre ancien tous les éléments nécessaires à l’identification de ses conditions de production et de diffusion, matérielles et intellectuelles: identité de ceux qui l’ont fabriqué (imprimeurs, libraires, illustrateurs); statut du texte qu’il contient (anonyme ou avec nom/s d’auteur/s et collaborateur/s, au titre ou aux préfaces et dédicaces; édition originale, réédition mot à mot ou avec variantes et ajouts); conditions et étapes de sa diffusion (absence ou présence de privilège, censure, contrefaçon, marques de provenance).

De plus, certains des éléments d’identification présents sur le livre peuvent être volontairement absents ou erronés (anonymes, pseudonymes et fausses adresses).

Sans oublier qu’on peut se trouver devant un exemplaire incomplet, et qu’il n’est pas toujours facile de s’en rendre compte.

On a aussi coutume de dire qu’«il n’y a pas de double en livre ancien», ce qui s’explique par les conditions artisanales de l’imprimerie naissante et qui fait tout l’objet des recherches en bibliographie matérielle (identification des émissions, des différents états, des cartons, des corrections en cours ou à la suite de l’impression).

Dans le cas d’un livre contemporain, le catalogueur donne simplement avec sa localisation une possibilité supplémentaire d’accéder à l’ouvrage, car l’utilisateur procède ici de l’édition souhaitée vers l’exemplaire. A l’inverse, dans le domaine du livre ancien, la connaissance de l’édition n’est pas donnée a priori et on tente de la construire à partir des exemplaires subsistants. C’est pourquoi la localisation elle-même est une donnée significative à cause des éléments matériels liés à l’exemplaire, qui, insignifiants quand on les considère unité par unité, sont éclairés par un traitement en série.

La démarche idéale serait de consulter tous les exemplaires localisés d’une même édition. Mais les livres anciens ayant été largement dispersés par les hasards de l’Histoire, seuls certains chercheurs-bibliographes, spécialistes d’un sujet donné s’appuyant sur un corpus relativement étroit, peuvent envisager de se lancer dans ce type de quête. Les bibliothécaires, qui travaillent la plupart du temps sur des fonds vastes et très diversifiés, ne peuvent bien souvent faire aucune comparaison. C’est pourquoi, pour un catalogage rapide et précis, il est important de faire des recherches bibliographiques préalables pour vérifier et compléter les observations que l’on a faites sur le volume, afin d’établir une notice de bon niveau où l’on décrit l’état «idéal» de l’édition tel que l’ont voulu ses auteurs et éditeurs, avant d’ajouter les données propres à l’exemplaire consulté (variantes et incomplétudes éventuelles, marques de provenances).

Ces recherches sont aussi un moyen de valoriser une collection puisque l’on repère ainsi les livres vraiment rares, les éditions originales, etc., qu’il faut particulièrement protéger.

II. Typologie des ressources

A. Imprimés / Internet / Fac-similés électroniques

Aujourd’hui, les ressources bibliographiques se présentent sous la forme d’ouvrages imprimés traditionnels mais aussi, de plus en plus souvent, de données en ligne disponibles sur Internet. C’est pourquoi, dans ce cours, ces deux types de références sont indifféremment cités pour chaque ressource.

Une autre façon d’avoir accès à des bibliographies imprimées épuisées en librairie et difficiles à trouver même en bibliothèques est d’en consulter sur Internet un fac-similé électronique.

Parmi les nombreuses bibliothèques numériques existantes, on citera:

Il existe aussi des portails qui permettent d’interroger simultanément plusieurs bibliothèques numériques:

Des bibliographies papier commencent même à être saisies en mode texte sous la forme de base de données, ainsi la Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud (1843), sur WikiSource.

B. Encyclopédies, dictionnaires, répertoires, etc.

Ne décrivent pas des éditions mais donnent des renseignements sur les auteurs, les imprimeurs, les lieux et dates d’impression, les sujets, etc.

On peut de plus en plus souvent utiliser Internet pour ce type de recherches.

C. Bibliographies

Elles décrivent des éditions, dans une perspective plus ou moins spécialisée et sélective.

Certaines, les plus anciennes, ont une ambition universelle: tous les livres de tous les temps et de tous les pays.

Rapidement, il a fallu se spécialiser: l’ambition d’exhaustivité du recensement demeure l’idéal à atteindre mais sur la production d’un pays et/ou dans une langue particulière (bibliographies nationales), pour une période donnée, un auteur, un imprimeur, une ville d’édition, un domaine de la connaissance, un genre littéraire, etc.

D’autres bibliographies sont volontairement sélectives, en particulier dans le domaine de la bibliophilie où il s’agit de présenter un choix d’ouvrages considérés comme rares et précieux.

Certaines sont signalétiques (descriptions brèves des éditions), d’autres largement commentées.

Les plus scientifiques sont de première main (les rédacteurs ont décrit les éditions après consultation du maximum d’exemplaires), les autres sont le résultat de compilations de catalogues et d’autres bibliographies.

Très souvent, elles indiquent des localisations dans une ou plusieurs bibliothèques.

D. Catalogues de bibliothèques

Ils décrivent des exemplaires en indiquant leur cote dans la bibliothèque où ils sont conservés, de manière à en permettre la communication.

Ils sont en général rédigés de première main.

Ils renvoient souvent à une ou plusieurs bibliographies décrivant l’édition et rajoutent ensuite les particularités propres à l’exemplaire décrit.

Ils peuvent être consacrés à une partie ou à l’ensemble des collections d’une seule bibliothèque; ou collectifs, décrivant une partie ou l’ensemble des collections de plusieurs bibliothèques.

Ils sont unifiés lorsque plusieurs exemplaires d’une même édition sont décrits (avec leur cote et leurs particularités éventuelles) sous une seule notice bibliographique. Dans le cas contraire, ils présentent une simple juxtaposition de notices d’exemplaires.

Ils sont raisonnés lorsque les clés d’accès (auteurs, imprimeurs, titres dans le cas de textes constamment réédités ou d’auteurs à l’œuvre très importante) ont été uniformisées et qu’on peut arriver aux notices par un système d’index (support papier) ou de liens hypertextes (Internet).

L’introduction de l’informatique, puis de l’Internet, a été une véritable révolution pour le catalogage et la bibliographie en général (mise à disposition universelle de l’information; mais aussi possibilité d’échapper au terminus ad quem de la forme papier en ajoutant des notices, en les complétant à volonté et en résolvant le problème des index par la recherche par mots de la notice et les liens hypertextes).

On peut aujourd’hui consulter un très grand nombre de bases bibliographiques sur le Web, et souvent plusieurs en une seule interrogation, au moyen de portails à interface unique, dont l’exemple le plus achevé est le Karlsruher Virtueller Katalog = KVK, développé par la bibliothèque de l’Université de Karlsruhe, qui permet l’accès simultané à plus de 50 catalogues en ligne, décrivant plus de 500 millions de documents. On citera aussi The European Library qui offre un accès centralisé aux collections de 47 bibliothèques nationales d’Europe (choix «catalogues from national libraries»).

Dans ces bases informatisées, les notices catalographiques ont été:

Pour les bibliothécaires, il devient aussi de plus en plus facile, avec des normes internationales d’échange, de télécharger dans son propre système les notices des autres bibliothèques (voir ainsi sur les pages professionnelles de la Bibliothèque nationale de France): on dit alors qu’on fait un catalogage par dérivation.

Cette mutation technologique très rapide a permis de signaler des collections jusque là quasiment inconnues ou totalement inaccessibles et occasionne de véritables découvertes bibliographiques (de nombreuses éditions qu’on ne connaissait que par des mentions d’anciens bibliographes réapparaissent en un ou plusieurs exemplaires, des éditions partagées ou de nouvelles émissions sont signalées, etc.).

Mais devant ce matériau foisonnant, on doit plus que jamais mobiliser son esprit critique:

En résumé, on trouve beaucoup de choses sur Internet mais encore assez peu de notices directement utilisables. Cependant, les choses changent vite et de plus en de plus de recensements commencés sur papier se poursuivent sur Internet.

Dans l’état actuel des choses, les catalogues en ligne sont une aide considérable pour les bibliographes qui y découvrent de nombreuses localisations nouvelles (... mais doivent aussi multiplier les vérifications).

Les bibliothécaires y trouvent aussi beaucoup de réponses aux questions qu’ils se posent en cours de catalogage, et des éléments pour évaluer la rareté de leurs collections.

E. Fac-similés de livres anciens sur papier, sur microformes ou numérisés

Il est parfois très utile de comparer son exemplaire avec un autre, conservé à l’autre bout du monde, notamment pour vérifier sa complétude.

Le secteur des fac-similés traditionnels, publiés souvent avec une introduction scientifique, a lui aussi été révolutionné par les nouvelles technologies (microformes puis images numériques).

Des éditeurs, associés à des historiens et des conservateurs, ont publié de cette façon de très importants fonds d’archives et de livres anciens: Primary Source Microfilm / K. G. Saur / Scholarly Resources ou IDC Publishers. Citons aussi EROMM (European Register of Microform and digital Masters) qui maintient une base à laquelle collaborent de nombreuses bibliothèques européennes, dans le but d’aider à coordonner les actions de microfilmage.

Malheureusement toutes ces collections sont d’accès payant.

Ce qui n’est pas le cas des «bibliothèques virtuelles», qui contiennent à l’heure actuelle bien plus de documents en mode image qu’en mode texte, et qui se multiplient sur Internet. Voir essais de recensement et de classement sur:

L’une des plus importantes de ces bibliothèques virtuelles est Gallica, développée par la BNF essentiellement à partir de ses propres collections, mais aussi de celles d’autres bibliothèques digitales françaises comme les Ressources électroniques du CESR et Medic@ sur le site de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine (BIUM) de Paris.

Voir aussi The European Library, portail de 47 bibliothèques nationales d’Europe (choix «digital collections»).

On notera également que dans les catalogues et bibliographies en ligne les plus récents et les plus scientifiques se répand l’usage de l’enrichissement des notices par des images numériques des parties les plus importantes de l’ouvrage, permettant son identification (page de titre, préface, colophon). Un des exemples les plus intéressants est celui de VD17 (bibliographie nationale des livres imprimés en Allemagne au 17e s.).

F. Conclusion

Il est important, lorsque l’on commence à utiliser une ressource, de bien l’analyser pour en faire le meilleur usage: quels sont les critères du recensement, du classement, de l’interrogation, etc.?

Par ailleurs, si les critères typologiques qui viennent d’être présentés sont importants à connaître, on se rend vite compte des usages divers que l’on peut faire d’une ressource: par exemple, un catalogue de bibliothèque nationale, où les autorités sont très bien établies, peut faire aussi office de répertoire de noms d’auteurs ou de libraires; de plus en plus de catalogues collectifs assument le rôle d’une bibliographie nationale; un dictionnaire d’auteurs qui donne pour chacun d’eux une courte bibliographie peut permettre d’attribuer une oeuvre qu’on croyait anonyme; certains catalogues de bibliothèques spécialisés sont si précis et complets qu’ils servent de bibliographie incontournable pour un sujet...

III. Méthodologie

Dans le domaine du livre ancien, chaque cas est différent. Tout au plus peut-on suivre une ligne générale. On peut notamment:

En l’absence d’un répertoire universel, on est amené à multiplier les axes de recherche sur un livre. Il faut l’envisager sous différentes «facettes», qui sont autant de clés d’accès, et recouvrent à peu près les différentes zones d’une notice catalographique:

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