Introduction des cours Dossiers documentaires Bibliographies
1120-1131. Hugues de Fleury, Histoire de l’Église.
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Dossier 104

La lettre et le début du livre I permettent de situer l’œuvre dans le réseau de relations qu’Hugues entretient avec des personnages fameux de son temps. Dans la lettre adressée à Yves de Chartres1, le moine de Fleury se place en position d’infériorité par rapport à un évêque. Il sacrifie de la sorte à la topique de l’humilité qui le pousse à soumettre à plus sage que lui le produit de sa plume. La correction attendue de la part d’Yves est double, à la fois doctrinale et stylistique. Les liens entre les deux ecclésiastiques ne sont pas de pure convention, car un ouvrage précédent d’Hugues atteste l’influence de l’évêque de Chartres sur le moine. En effet, dès le Libellus de regia potestate et sacerdotali dignitati, composé entre 1102 et 1107 pour Henri Ier d’Angleterre, Hugues adopte, au sujet de la querelle des Investitures2, une position modérée qui rappelle celle d’Yves de Chartres. Les liens d’Hugues avec le monde anglo-normand sont également documentés par la mention d’Adèle3 dont d’autres chroniqueurs ont loué la culture littéraire.

Quant au début du livre I, il rappelle que pour Hugues l’histoire du salut s’inscrit dans une narration qui prend aussi en compte l’histoire païenne, comme le prouve l’épisode légendaire de Ninus, fondateur de Ninive.

Notes

1. Évêque de Chartres (1090-1116), Yves est également l’auteur de plusieurs recueils canoniques, de sermons et d’une importante correspondance.

2. Conflit entre la Papauté et l’Empire au sujet des nominations d’évêques et d’abbés. Commencée au XIe siècle, la querelle prend fin avec le concordat de Worms (1122) qui sépare l’investiture spirituelle, réservée à l’Église, de l’investiture temporelle reconnue aux rois.

3. Fille de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre, Adèle de Normandie († 1137) épouse Étienne-Henri de Blois (ca. 1047-1102) vers 1080 à Chartres et devient alors comtesse de Blois, Chartres et Meaux. Régente du comté pendant les croisades de son mari et durant la minorité de ses enfants, elle finit ses jours au prieuré clunisien de Marcigny où elle se retire en 1122.